Date: 2014-03-18

Kratié (Cambodge) vers Don Det (Laos)

Tags: Cambodge, Laos

Il n’y a pas de bureau pour réserver son bus vers le Laos à Kratié. Il faut donc s’adresser aux auberges et hôtels qui se chargent de faire la réservation pour vous. J’ai pour ma part payé $16 alors que des gens rencontrés qui logaient là ont payé $15.

Le trajet s’annonce un peu moins direct qu’entre la Thaïlande et le Cambodge (via Poi Pet). A savoir : un premier mini van de 9 personnes jusque Stung Treng (environ 80 kms, entre 2h30 et 3h), ensuite un bus jusque la frontière (40 kms), le passage de la frontière à pied (500 mètres) et ensuite un autre bus côté Laos, pour finalement prendre un bateau vers l’île de destination. 4 moyens de transports différents pour moins de 130 kms…

Je suis prêt à 7h, le van est presque à l’heure. 30 minutes plus tard, je dénombre 22 personnes dans le véhicule… dont 5 touristes : une française, un autrichien (en couple), deux américains, et moi.

Je suis content de ne pas être le seul à passer la frontière, en ayant lu tout ce qu’on raconte sur ce fameux poste frontière…

C’est parti pour 80 kms et 3 heures de route qui alterne entre tarmac et piste poussiéreuse. J’ai vu bien pire (au Népal et en Indonésie) mais ça secoue quand même pas mal par moment.

A Strung Treng, on passe dans un autre van, et pas un bus. C’est uniquement du tarmac cette fois, ça va donc beaucoup plus vite et nous y sommes en moins d’une heure.

Une fois arrivé à la frontière, contrairement à ce qu’on peut lire sur internet, l’accompagnateur ne nous propose pas de passer les formalités administratives pour nous. On marche donc jusqu’au “bureau” (plutôt la caravane) “visa on arrival”. Là le type nous donne les documents, mais constate qu’on a pas le cachet de sortie du Cambodge. On doit donc faire demi tour. Les gens qui nous regardaient passer côté cambodgien ne nous ont pas arrêté. Ca doit les amuser j’imagine.

Retour côté cambodgien donc, on donne le passeport et d’un ton autoritaire le préposé dit “two dollars”. La française refuse et reçoit comme réponse “no money, no stamp”. Elle donne l’argent. Pour ma part il me reste environ 5500 riels (environ 1 euro). Je dis “I don’t have dollars, this is all I have”. Le type prend l’argent et dit “OK” et j’obtiens mon passeport tamponé. Les américains n’ont vraiment que le compte pour le visa (et en fait moins, je devrais leur prêter 5 dollars), donc après quelques discussions, ils obtiennent leur passeport tamponé sans devoir payer.

On se dirige donc à nouveau vers le côté laossien. Là le type me dit “35 dollars”. Partout sur internet, j’ai pu lire que c’était 30 dollars pour les ressortissants belges. Le type dit “price have changed recently”. Sauf que la liste des prix dit “as of 2006”. Bref, je pioche dans mes dollars et reçoit 5 dollars en retour. Le type conserve le passeport, qui va naviguer entre deux caravanes. On est donc là, à attendre sous le soleil, nos passeports perdus de vue.

C’est là que les choses se gâtent. Un type approche le couple français/autrichien et parle gentiment jusqu’à demander si ils ont déjà de la monnaie locale. Je sens le coup fouré. Ils disent oui. Le type dit alors tout naturellement “vous allez donc payer pour recevoir vos passeports tamponés”. Ils refusent, et le type disparait dans la caravane. A nouveau “No money, no stamp. It’s 2 dollars”, d’un air assez autoritaire. Je serai le seul à ne pas prendre la parole, je n’ai pas beaucoup de diplomatie face aux tricheurs et profiteurs du système. Les américains ont tenté de négocier un portefeuille en cuir (ils n’avaient vraiment plus un rond). La française et l’autrichien refusaient de payer. Pour ma part je propose de négocier 5 dollars pour tous (au lieu des $10 qu'ils espèrent). La française dit qu’ils ne paieront pas, que c’est inadmissible. Elle est stressée et énervée, alors que plus tôt dans le bus, je leur prévenais de tout ce que j’avais pu lire sur ce poste frontière particulier, et qu’elle me disait “no stress, on a déjà passé plusieurs fois la frontière terrestre vers le Laos, on a jamais eu de problème”. Sauf que c’est ce poste particulier qui est réputé pour être particulièrement corrompu…

Vers 12h15, de mon côté, je décide d’appeler l’ambassade de Belgique à Bangkok… Sauf qu’ils ont des horaires bien de chez nous… Bureaux fermés entre 12h et 13h.

Après environ une heure d’attente et de discussions avec les officiels, le couple de français/autrichien sort deux dollars et négocient ce prix pour eux deux. Super esprit d’équipe ! Donc je me retrouve avec mes amis américains sans nos passeports. Le van côté Laos nous attend toujours. Pour ma part, mon souci est que je n’ai que des “grosses” coupures (minimum $10). Donc si je passe ce billet par la petite fenêtre, je ne verrai pas le change en retour.

Les américains font leurs poches.. ils trouvent quelques billets et pièces ça et là.. ils ont des cigarettes aussi. Ils déposent tout ce tas sur le bureau (qui doit représenter 50 cents à tout casser), et là le préposé s’exécute et tamponne leur passeport, mais aussi le mien !

Bingo. On vérifie malgré tout qu’il n’y ait pas d’entourloupe (bien vérifier que la date d’entrée soit présente). Le préposé sort et nous dit “Now go to Lao” d’un air assez énervé.

J’arrive enfin sur Don Det sur les coups de 13h30… avec mes amis américains qui font aussi escale ici.

Tout ce que j'avais pu lire cette fois s'est présenté. Le dernier récit qui disait que ça se passait sans souci à présent doit être l'exception à la règle.